Portrait de militant : Jade Bigay, née dans une réserve indienne aux États-Unis

Jade a 25 ans. Elle est née dans une réserve indienne au Nouveau-Mexique dans le sud ouest des Etats-Unis et depuis 4 ans, elle milite contre l’exploitation des ressources minières dans les territoires amérindiens. Notamment les gaz de schistes.

Venue à Paris afin de porter un message qu’on entend peu, celui du racisme environnemental, Jade se bat depuis 4 ans contre ces dysfonctionnements avec une approche sociologique. En effet, selon elle, la pollution touche en particulier les communautés pauvres. Il y aurait donc une part de discrimination parmi les enjeux de la COP21.

L’extraction des gaz de schistes, l’exploitation du charbon ou encore d’uranium entraîne dans ces régions des Etats-Unis des problèmes respiratoires et des cancers du sein chez les femmes. Comme on peut le voir aussi au Canada, l’exploitation des gaz de schistes provoquent également des séismes. « Depuis trente ans, le nombre de tremblements de terre provoqués ainsi par l’homme a augmenté de 1000 %. » Un chiffre fort et qui résonne encore plus lors de cette conférence sur le climat à Paris.

Enfin, ce portrait de Jade met l’accent sur l’installation dans certains territoires des raffineries, essentiellement dans des endroits où vivent des communautés pauvres, indiennes, amérindiennes, qui ne verront jamais les profits de ces économies. Et évidemment, aucun panneaux indiquent les zones censées êtres radioactives.

Racisme environnemental aux Etats-Unis, donc, mais quid de l’Europe et de la France ? Pour aller plus loin sur ce sujet, on peut citer les mots du sociologue Razmig Keucheyan dans un entretien donné à Bastamag en 2014 :

« La littérature sur cette question porte beaucoup sur le monde anglo-saxon. Du fait de la centralité de l’esclavage dans l’histoire des États-Unis, la problématique du racisme environnemental y tient une place plus forte que dans d’autres pays. Mais ces problèmes existent aussi en France sous des dénominations différentes. Par exemple, j’évoque dans le livre le cas du saturnisme, lié aux peintures dans les logements anciens dégradés qui ont souvent été habités par des immigrés africains subsahariens. Une étude statistique de 2012 sur la justice spatiale en France révèle également que si la population étrangère d’une ville augmente de 1 %, il y a 29 % de chances en plus pour qu’un incinérateur à déchets, émetteur de différents types de pollutions comme les dioxines, soit installé. Les incinérateurs ont donc tendance à se trouver à proximité de quartiers populaires ou d’immigration récente, car les populations qui s’y trouvent ont une capacité moindre à se défendre face à l’installation par les autorités de ce genre de nuisances environnementales. Ou parce que les autorités préfèrent préserver les catégories aisées ou blanches de ces nuisances. »


Portrait signé Carlotta Morteo, Radio Grenouille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *