Venus de toute l’Europe pour contester d’une manière différente la réunion au sommet des 196 États qui « se donnent le droit de s’exprimer au nom des populations après les avoir pollué ». Le mouvement ANTI-COP21 figure parmi les mouvements de contestation du greenwashing étatique.
Lorsque les États et les dirigeants politiques semblent impuissants à changer le monde, le fait de se réapproprier des lieux de vie : squats, ZAD ou la rue donne le sentiment de revenir aux fondamentaux de ce qui fait l’action citoyenne et de prendre le contrôle de sa vie. Cet engagement doit s’affranchir parfois de la légalité et doit donc faire face à la répression.

21 NOVEMBRE 2015.  CAP SUR LA COP.

Une semaine avant le début des négociations du Bourget, des convois partent de nombreux lieux en lutte pour affirmer leur manière de prendre au sérieux la question de l’écologie c’est à dire en résistant concrètement à la destruction de territoire pour des grands projets d’aménagement : remplacement de zones naturelles par des « éco -quartiers » ou aéroports « verts ».
On parle ici des différentes ZAD ( Zone A Défendre ) : Notre-Dame-Des-Landes, Bure ou le quartier des Lentillères de Dijon pour ne citer qu’elles.
Le rassemblement des convois s’est fait le 28 novembre à Versailles pour un grand banquet des zads et autres espaces en résistance. Un clin d’œil à la Commune, une manière de prendre la revanche sur les Versaillais ayant écrasé l’auto-organisation communale à l’instar du gouvernement actuel.

Convoi Cap sur la Cop, 25 novembre 2015, étape entre Le Mans et Préau du Perche.

Convoi Cap sur la Cop, 25 novembre 2015, étape entre Le Mans et Préau du Perche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous les avons rencontré lors d’une escale à Dijon au cours de la soirée du 21 novembre 2015 à l’espace autogéré des Tanneries.

Le lendemain, le départ du convoi était prévu au quartier des Lentillères.

lentilleres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Occupé depuis 6 ans, le quartier des Lentillères est à la base un projet agricole de lutte contre l’urbanisation, aujourd’hui devenu un véritable espace autogéré à part entière dans la capitale bourguignonne.

 

 

DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2015.

MANIFESTATION PLACE DE LA RÉPUBLIQUE.

manif29

Compte-tenu de l’état d’urgence, les manifestations sont interdites et réprimées.
Bilan de la manifestation pour avoir bravé l’état d’urgence du dimanche 29 novembre place de la République : 208 interpellations et 174 gardes à vue.

 

 

 

VENDREDI 4 DECEMBRE. GRAND PALAIS.

LIBRE-PAROLE A PASCOAE SABIDO

manif solutions cop21

crédit: Reporterre.net.

Un salon d’exposition « SOLUTIONS COP21 » est mis en place pour les grandes entreprises et multinationales afin de montrer leur implication pour lutter contre le réchauffement climatique.
Des militants écolos ont essayé de rentrer tant bien que mal afin de dénoncer ces « fausses solutions », synonyme de « greenwashing ».
Violemment éjectés de l’exposition, les activistes n’ont pas pu s’exprimer.
Pour la dernière émission de GoodCopBadCop21, retour sur les arrestations qui ont eu lieu Grand Palais et les radios campus ont décidé de donner libre parole à Pascoae Sabido, chercheur au Corporate Europe Observatory : association menant recherches et campagnes sur les menaces que fait peser le pouvoir économique et politique des grandes entreprises et leurs lobbies.

 

 

LUNDI 7 DECEMBRE 2015. ASSEMBLEE GENERALE A PRES-ST -GERVAIS.

QUI SONT LES ANTI-COP21 ?

En marge des organisations encadrées par la ville de Paris comme la Zone Action Climat organisée au CentQuatre par Coalition Climat, le mouvement ANTI-COP21 regroupe plusieurs individus et collectifs qui se distinguent des associations et ONG bien-pensantes par une autonomie de prise décision, une indépendance vis-à-vis des financements étatiques et des autorisations préfectorales.
Les ANTI-COP21 visent à dénoncer l’événement de la COP21 et ses accords qui accorderont crédit à de nouveaux projets d’infrastructure dites « écolos », alors que des dynamiques citoyennes et de fait, réellement écologiques existent déjà.
En se réappropriant l’espace public avec des banderoles, des chants, des débats, des projections, des cantines mobiles à prix libre, un info-kiosque, on peut par exemple apprendre à se protéger juridiquement contre la police pendant une manifestation.

 

MERCREDI 9 DÉCEMBRE. 12H30. PLACE DE LA RÉPUBLIQUE.

REPAS DE SOUTIEN AUX INCUPÉ-E-S DE LA MANIFESTATION DU 29 NOVEMBRE.

Entre chorale et lecture collective, Nora explique comment elle ressent l’assignation en résidence, mesure mise en place par les autorités administratives suite aux attentats du 13 novembre et utilisée contre des militants écolos.
Cependant, le collectif ne veut pas céder à la peur, en organisant tous les jours ces cantines à prix libres, aujourd’hui en soutien aux incupé-e-s de la manifestation du 29 novembre, qui rassemblent et informent les passants.

 

JEUDI 10 DÉCEMBRE. PLACE STALINGRAD.

JOURNÉE EN SOUTIEN AUX EXPROPRIES DE NOTRE-DAME-DES-LANDES.

Entre des tartines de houmous et une batucada ainsi que des infos de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, rencontre avec Robert. Un parisien qui nous raconte les manifestations pendant la COP et qui nous explique pourquoi il est souvent difficile d’organiser des manifestations en étant un collectif autonome et se distinguant d’autres organisations, comme par exemple la ZAC ( Zone Action Climat ).

Rencontre avec Robert, présent à cette journée:

 

JEUDI 10 DECEMBRE.

INTERVIEW DE GENEVIEVE COIFFARD, LUTTE CONTRE L’AEROPORT DE NOTRE-DAME-DES-LANDES.

Le jeudi 10 décembre, GoodCopBadCop21 reçoit Geneviève Coiffard ,membre de l’ACIPA et représentante d’Attac dans la coordination des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes.
Notre-Dame-Des-Landes, c’est un petit village d’irréductibles situé à une trentaine de kilomètres de Nantes.

Rappel historique : une lutte qui s’inscrit dans une histoire.

Cette lutte, figure emblématique des ZAD ( Zone d’Aménagement Différé détourné pour Zone A défendre) n’est pas si récente.
Dans les années 60, un nouveau site portuaire est recherché en Bretagne Pays-de-la-Loire. En 1974, une Zone d’Aménagement Différé est créée sur Notre-Dame-Des-Landes et les communes voisines, mais pendant 20 ans, on ne parle plus du projet.

Ce dossier fait échos à la lutte du Larzac, un mouvement de désobéissance civile contre l’extension d’un camp militaire sur le causse du Larzac qui dura une décennie, de 1971 à 1981, et qui se solda par une victoire des paysans lorsque François Mitterrand, nouvellement élu Président de la République, décida d’abandonner le projet.

Le projet d’aéroport est relancé en 2000 afin de transférer l’actuel aéroport Nantes-Atlantique à Notre-Dame-Des-Landes. C’est à ce moment que la lutte reprend avec notamment la création de l’ACIPA : L’ Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Un site des opposants s’est mis en place sur les 1650 hectares : la Zone A Défendre.
Outre la volonté d’habiter sur un territoire en lutte, ce qui permet une connexion avec les personnes qui s’y opposent depuis 40 ans et de pouvoir contrer les travaux. Les espaces laissés à l’abandon sont aussi utilisés pour apprendre à vivre ensemble, à cultiver la terre et à être plus autonomes vis à vis du système capitaliste.
Geneviève explique ainsi que la dimension de la lutte locale devient global : «  On se bat contre l’aéroport et son monde »

L’actualité nous rattrape et ce jeudi 10 décembre, c’est une victoire pour les opposants au projet qui est décrétée :
Ce matin avait lieu l’audience en référé d’expulsion : Vinci ( entreprise qui monte le projet d’aéroport) attaquait les plus anciens habitants et paysans pour une expulsion immédiate.
Le tribunal décide un « retrait de rôle », c’est à dire l’affaire n’est plus inscrite au rôle du tribunal bien qu’elle puisse quand même se réinscrire dans une nouvelle procédure.
En somme, Vinci n’a pas eu satisfaction de la demande d’expulsion.

En plateau, Philippe Descola, anthropologue et professeur au collège de France et Christophe Bonneuil, Historien au Cnrs et spécialiste d’histoire des sciences et de l’environnement réagissent à l’intervention de Geneviève Coiffard.
Pour eux, sur la question du rapport à la nature, une connexion évidente existe entre la lutte des zadistes et celle des Achouars, tribu amazonienne, terrain d’enquête de Philippe Descola.

 

Pour les anticop, c’est la 21ème fois que les gouvernements prennent des décisions sur le terrain de l’écologie et font passer des lois qui ont des répercussions économiques qu’ils dénoncent.
Pour eux, ce n’est pas dans les bureaux que la question de l’écologie peut être prise au sérieux mais bien dans les territoires et au niveau des personnes qui y vivent : ils sont les premiers concernés.
Engagés contre d’autres projets d’infrastructures « à différer », les anticop n’attendront pas le prochain sommet climat pour se retrouver à nouveau confronté aux autorités qu’ils dénoncent .

Camille C. Radio Dijon Campus.